Rando mystique sur le Mont Beuvray - Partie 2
by Tom CzxJe continuais donc ma progression, appareil au poing. Le sentier était sinueux et si le vent se calma, la brume revint plus dense qu'avant, enveloppant le décors autour de moi et comme me poussant dans une direction précise.
C'est alors que nichée dans une cuvette je découvrit une construction en palliers, massive, qui s'avèrait être le berceau d'un ancien culte d'une source d'eau. Il était courant chez les Celtes de vénérer les eaux sacrées de la Terre, trésors limpides offerts aux hommes pour soigner leurs maux physiques et apaiser leurs craintes surnaturelles. Mais l'eau était noire et stagnante : je résolu de ne pas m'attarder.
Je pris conscience alors que quelque chose changeait autour de moi. Lentement les buissons, les branches, les arbres tout entiers semblaient changer de forme, se pencher dans ma direction ou se tordre imperceptiblement dans des arborescences torturées.
J'accélérais le pas, à la fois fasciné par ce qu'il était en train de se produire et redoudant qu'une menace sourde et ancienne ne détache sa silhouette colossale d'entre les arbres. Il fallait que je sorte de cette brume envahissante, de ce bois qui peu à peu m'encerclait !
J'aperçu tout à coup une chaumière à demi masquée, un toit blanc qui se détachait dans une trouée et je couru presque pour la rejoindre. Mais arrivé à quelques pas le brouillard maudit s'intensifia et emporta la chaumière dans les limbes.
Après cela je naviguais un long moment entre les ombres et la lumière, égaré dans un clair-obscur de sous-bois où aucun son ne perçait, hormis celui de mes pas et de ma respiration saccadée. Le vent ne soufflait plus que dans les hauteurs mais je commençais à ressentir les frissons du froid et de la fatigue. Je n'avais rien mangé depuis des heures et mes forces déclinaient au fil de mon engourdissement.
Mais par chance un sentier se redessina sous mes pas et je sorti de ma torpeur comme on se réveille dans un sursaut ! J'étais enfin retombé sur la route où passent habituellement les navettes en été.
Épilogue : dans la descente jusqu'au parking, je croisai des familles en sens inverse, emmitouflées dans des anoraks et chaussées de bottes de neige, les enfants tirant des luges en riant. Tout était à nouveau si réel ! Je me demandai alors si ce que je venais de vivre était le fruit de mon imagination, d'une légère hypothermie ou de la faim ? Et cette étrange tempête de brume et de neige n'avait-elle été qu'une bizarrerie climatique ? J'allais peut être trouver la réponse en triant les précieuses photos de mon appareil, peut-être découvrir une preuve cachée dans la trame de pixels de mes clichés...
Le mot de la fin ! Chères lectrices, chers lecteurs, j'espère que ce récit fantastique vous aura plu ! J'ai volontairement donné une teinte très "lovecraftienne" à cette randonnée, pour le plaisir de l'exercise et l'envie de vous surprendre ! Merci de m'avoir lu et d'avoir regardé les photos, je retournerai certainement à Bibracte au printemps pour une visite du musée et une histoire toute différente ;)